En fait nous ne pouvons pas toujours nous fier à notre cerveau. Sur wikipédia on recense une cinquantaine de biais cognitifs. Qu’est-ce qu’un biais cognitif ? C’est une distorsion dans le traitement de l’information au niveau du cerveau. Le mot biais porte l’idée de déviation, en l’occurence celle de la pensée par rapport à la réalité. Ils interviennent donc au niveau du raisonnement et du jugement de tout un chacun.

On voit le monde avec notre propre filtre perceptuel (ou rêve pour les toltèques), basé sur nos croyances, nos blessures, nos expériences, notre ego etc… Et puis il faut bien le dire, on aime avoir raison. En soi ce n’est pas gênant. Sauf lorsque nous n’arrivons pas à prendre du recul par rapport à cette « version » de la réalité qu’est la notre. Lorsque nous sommes enfermés dans une vision du monde qui nous empêche de grandir et de nous épanouir. Bloqué par nos croyances limitantes. Simplement car on aime SAVOIR. Souviens-toi que ton cerveau n’aime pas l’inconnu, alors il meuble. Il imagine, il fait des suppositions. Puis il s’accroche fortement à ces suppositions qu’il transforme en « vérités absolues ». Parce qu’une vérité c’est clair, c’est rassurant, on peut s’y accrocher.

Partie 1 : On aime avoir raison

Biais cognitifs affectant les croyances

Nos croyances, qu’elles nous concernent personnellement ou portent sur notre vision du monde ou des autres, se forgent au gré de nos expériences. Plus particulièrement à la suite de nos propres interprétations de nos expériences. En plus il semblerait que notre première impression d’une personne ou d’un groupe de personne soit déterminante pour la suite de nos jugements (effet de halo). Si notre premier jugement d’ une personne (non familière donc) est plutôt positif, alors par la suite nous verrons les caractéristiques de cette personne sous un angle plutôt positif, notamment ce qu’elle dit ou fait. Et inversement si notre première impression est négative. Nous ancrons assez rapidement la croyance que cette personne est plutôt comme ceci ou comme cela.

Par exemple :

  • si un nouveau collègue se comporte de manière sympathique pour son premier jour, on va ancrer la croyance qu’il est sympathique. Quand bien même il lui arrivera de ne pas toujours l’être par la suite. À l’inverse si dès son premier jour il nous fait une remarque désagréable, il aura beau se montrer parfois aimable voir généreux, nous risquons de nous méfier de lui par la suite. Et ce d’autant plus que cette première remarque nous a touché émotionnellement notamment si on est susceptible. Cette première impression restera présente jusqu’à ce qu’une conversation sincère et profonde éclaircisse éventuellement certains points « qui bloquent »,
  • c’est aussi le cas de la manière dont est habillé un candidat à un entretient d’embauche. Sa tenue vestimentaire risque d’influencer le jugement de décideurs à sont encontre.

Renforcement des croyances

Cette effet de halo va aussi être renforcé par le biais de confirmation. On va plus faire attention aux faits qui viennent conforter notre opinion qu’à ceux qui viennent réfuter notre croyance. On a du mal à changer d’avis. Et puis souviens-toi, on aime avoir raison 😉.

Exemples:
On fera ainsi plus attention aux gestes positifs d’une personne que l’on a cernée comme étant « a priori » aimable qu’à ses comportements négatifs.
À l’inverse notre attention se portera plus volontiers sur les comportements que l’on juge négatifs de la personne qui a commencé la relation par une remarque désagréable.
Pour ce qui est des croyances nous concernant personnellement, on va carrément avoir tendance à agir de façon à venir conforter notre croyance. Bien entendu de façon plus ou moins inconsciente. Voir cet article pour des exemples de cercles vicieux associés.

Souvenirs, souvenirs….

De plus le cerveau ne fait pas la différence entre un souvenir réel et un souvenir inventé (voir la notion de faux souvenir). Ce biais de confirmation peut donc également intervenir lorsqu’on se rappelle des informations mémorisées, et ce de manière sélective. On les interprète alors de façon biaisée (distorsion entre réalité et pensée/ici souvenir).

Méfie-toi de tes souvenirs !

Un peu têtu ?

Il y a même un effet associé au biais de confirmation et qui va encore plus loin. C’est l’effet « retour de flamme« . La croyance initiale peut être renforcée, même en présence de preuves qui la contredisent. Autrement dit tu refuses de voir la réalité même quand on te la colle sous le nez. Parce que ça fait trop mal de reconnaître qu’on a tort ? qu’on tient trop à notre croyance ? que les émotions ont trop laissé leurs marques ? En tout cas….

méfie-toi de ce que tu crois !

« Moi je… »

Pour couronner le tout, la plupart d’entre nous se sentent toujours « un peu mieux » que la moyenne précise C. André au début de son livre Imparfaits, libres et heureux. La plupart des personnes s’estimeraient légèrement plus compétentes, plus intelligentes, plus agréables socialement que la moyenne des autres. Du coup nos croyances sont encore plus renforcées. Parce que « comme on est quand même un peu meilleur, on SAIT mieux« .

Nous penchons ici dans le biais égocentrique qui consiste ainsi à se juger sous un meilleur jour qu’en réalité. Dans des études faites en psychologie sociale, entre 67 et 96% des personnes se surévalueraient par rapport aux autres. Et ce de façon inconsciente. Ce qui est plutôt fou quand on voit le nombre de personnes qui manquent d’estime d’elle-même (et qui du coup ont plutôt tendance à se sous-estimer / dénigrer). Un moyen de compenser en se surévaluant dans les domaines où l’on est sûr de soi, histoire de ne pas montrer ses fragilités ?

Une solution ?

Que faire donc ?

✴️ Face aux croyances sur les autres, communiquer ! Pour éviter les a priori sur quelqu’un et les suppositions erronées, rien de tel que de laisser à la personne la possibilité de s’exprimer. Tu n’as pas accès à ses pensées et émotions, autrement dit à la raison de ses comportements. Elle oui ! Alors plutôt que de jouer au médium, il vaut mieux lui demander. Poser des questions à la personne. Essayer de la comprendre plutôt que de la juger. Faire confiance à la communication plutôt qu’à son propre jugement, fondé sur de l’illusoire. Si tant est que votre relation soit importante pour toi.

Si c’est difficile pour toi de parler avec cette personne. Alors tu peux apprendre à t’estimer plus et par suite à t’affirmer. Ne pas hésiter non plus à se reconnecter par les émotions et besoins qui rapprochent les gens. Puisqu’au final on a tous un peu les mêmes. Contrairement au jugements qui éloignent les individus les uns des autres.

✴️ Pour éviter de « péter inconsciemment plus haut que son cul » 😅 : viser l’humilité, à savoir se considérer l’égal des autres. On a en effet plutôt tendance soit à se considérer inférieur (modestie éducationnelle ou croyance que l’humilité c’est se considérer inférieur aux autres, mauvaise image de soi-même, etc..), soit supérieur (biais égocentrique plus haut).

Biais cognitifs affectant la prise de responsabilité

Lorsque l’échec est perçu comme quelque chose de honteux et d’irrémédiable, on peut en avoir peur, voire être tenté de le fuir. Autant il est plutôt aisé de s’attribuer la causalité de ses réussites, autant celle de ses échecs peut être plus difficile à assumer. Les causes des réussites sont alors perçues comme internes à soi-même. Tandis que les causes des échecs sont externes (facteurs ne dépendant pas de soi). L’objectif étant de protéger l’image de soi. On appelle cela le biais d’autocomplaisance.

Exemples :

  • si tu réussis à un examen, c’est parce que tu as bien travaillé. Tandis que si tu échoues, c’est parce que le correcteur était trop sévère / l’examen trop difficile / le temps aloué trop petit etc….
  • si tu as des problèmes d’estime de toi-même, c’est la faute de tes parents, de tes professeurs, de ton boulot, de la société (qui n’ont peut-être pas aidé il est vrai mais quoi que tu veuilles, c’est à toi de te donner les moyens de l’obtenir, d’autant plus lorsque tu es adulte)

Ce biais concerne plus particulièrement les personnes ayant une mauvaise estime d’elle-même. Et pas suite image d’elle-même (l’image de soi étant une composante de l’estime de soi). En effet si on n’est pas vraiment sûr de notre valeur / qu’on ne s’estime pas suffisamment, alors on va être plus vulnérable face aux paroles des autres. Or si en plus on considère l’échec comme honteux, on part inconsciemment du principe que les autres aussi.

Que vont-ils donc en penser si j’échoue ? Je vais perdre la face ! Sauf si ce n’est pas de ma faute. Si j’y suis pour rien, mon honneur est sauf et ma valeur aussi…

Valeur personnelle que je place (à tort!) dans l’opinion de l’autre et non dans le mien. Parce qu’on aime bien avoir notre propre opinion (solide, voir plus haut) sur les autres. Mais pour ce qui est de notre propre opinion de nous-même, il nous arrive d’y renoncer pour l’offrir à l’autre.

Que faire alors ? Travailler l’estime de soi et la perception de l’échec 😉.


Pour conclure sur cette première partie concernant les biais cognitifs dans le cadre du développement personnel :
✴️ 1. Méfie-toi de ton cerveau, il te joue très souvent des tours !
✴️ 2. Méfie-toi notamment de ce que tu crois (plus tu en es convaincu et plus il vaut mieux t’en méfier) et de tes souvenirs.
✴️ 3. Sois prêt à remettre en question tout ce que tu vois, entends, penses si besoin.
✴️ 4. Travaille ton estime de toi-même (notamment tes croyances limitantes, mais aussi l’affirmation de soi et l’humilité), ta perception de l’échec, ta communication, ta compréhension…


Dans le prochain article (partie 2), nous verrons les biais cognitifs associés au fait qu’on « n’aime pas ne pas savoir ».

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