As-tu déjà eu la désagréable impression de te faire avoir parce que tu étais « trop gentil » ? Ou alors de te laisser marcher sur les pieds ? Qu’on profite de toi ?

Tu connais peut-être ce goût amer au fond de la bouche parce que, voulant le bien de tous et ne surtout froisser personne, tu t’écrases systématiquement face aux autres ?

Mon but ici est de t’aider à comprendre pourquoi tu as cette sensation d’être trop gentil et de te donner des outils pour oser prendre ta place, te respecter d’avantage et te faire respecter.

Je tiens déjà à rappeler un point très important : la gentillesse est une très belle qualité que je t’encourage profondément à conserver ! Maintenant qu’on se le dise, les extrêmes ne sont jamais bons. C’est pourquoi être « trop » gentil peut également te jouer des tours.

image d'un homme trop gentil et très timide

Par gentillesse excessive je fais référence à des comportements tels que :

  • Avoir du mal à dire non, même lorsque cela nous coûte.
  • Se sentir responsable des émotions et des problèmes des autres, par exemple penser être la cause de la mauvaise humeur des autres.
  • Faire passer les besoins des autres avant les siens.
  • Toujours laisser les autres choisir pour leur faire plaisir.
  • Eviter les conflits à tout prix, même si cela signifie ignorer ses propres sentiments.
  • Ne jamais contredire personne ni réclamer un dû.
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La gentillesse excessive peut prendre racine dans l’enfance (une éducation stricte par exemple) et les expériences passées. Notamment lorsque ces expériences entravent le bon développement de l’estime de soi (et de la confiance en soi qui en est une des composantes).

Par la suite, si on ne se sent pas suffisamment digne ou important, alors on peut facilement négliger ses besoins et opinions vis-à-vis de ceux des autres. En effet quand on manque d’estime personnelle, donc de sécurité intérieure, on va généralement chercher la sécurité depuis l’extérieur. Autrement dit la validation de ses pairs. Ainsi un constant besoin de validation amène une personne dite « trop gentille » à tout mettre en œuvre pour susciter l’acceptation des autres. Parce qu’elle a excessivement peur d’être rejetée.

Pour aller plus loin, lire aussi : qu’est-ce que l’estime de soi ?

Etre trop gentil peut avoir de réelles conséquences sur la santé mentale, comme les ruminations, le stress et l’anxiété. Parce qu’on garde pour soi tout ce qui aurait pourtant grand besoin d’être exprimé. Et qui s’accumule et macère à l’intérieur de sa tête et de son cœur.

A force de toujours prendre soin des besoins des autres au lieu de prendre soin des siens, on finit par ressentir un profond déséquilibre. On peut en vouloir aux autres de ne pas « donner » autant qu’on donne. Ou de ne pas prendre soin de nous comme on prend soin d’eux. D’autant que certaines personnes savent très bien en profiter ! Un sentiment d’injustice peut naître et amplifier la déception, la frustration voir la colère qui finissent par nuire aux relations personnelles et professionnelles.

image d'un homme perdu dans la forêt

Beaucoup de personnes qui sont dans ces schémas finissent par se sentir épuisées et « perdues ». Elles perdent de vue leurs propres besoins et désirs à force de s’oublier au profit des autres.

Tu l’auras compris, la gentillesse n’est pas un problème. C’est son excès qui l’est ! Et pour réduire « l’excès de gentillesse » il s’agit d’augmenter le niveau d’affirmation de soi (qui nécessite une bonne estime de soi). L’affirmation de soi passe par le fait de fixer et poser des limites claires.

Pour aller plus loin, lire aussi : le triangle de Karpman et l’affirmation de soi

Fixer des limites est essentiel pour protéger ton bien-être émotionnel et mental et ne plus être trop gentil. Pour t’y aider, rappelle-toi que tu ne fixes pas des limites contre les autres mais pour toi. Pour préserver ton énergie. Parce que si tu en manques, ce n’est ni bon pour toi ni pour ton entourage.

image d'un homme qui pose ses limites pour ne pas être trop gentil

Fixer des limites te permet aussi de prendre soin de tes besoins. Or plus tes besoins sont nourris et plus tu vis des émotions agréables. Enfin sans limites claires, tu risques de t’épuiser et, comme j’en parlais juste avant, de ressentir du ressentiment envers les autres.

NB: Se fixer des limites et les faire respecter est d’autant plus difficile (et primordial !) pour les personnes hypersensibles qui ont particulièrement à cœur que tout le monde se sente bien et peuvent absorber les émotions des autres et s’épuiser par excès d’empathie.

Pour aller plus loin, lire aussi : comment vivre sereinement avec sa forte empathie ?

Apprendre à dire non de manière ferme mais respectueuse est crucial. Les alternatives à l’affirmation de soi sont l’agression et l’inhibition. Souvent à force de ne rien dire (inhibition) on finit par exploser (agression). Parfois au mauvais moment et sur la mauvaise personne. Ce qui peut blesser l’autre alors que justement au début on ne disait rien par peur de blesser l’autre.

L’idée est donc d’apprendre à dire ce qu’on pense avec calme, douceur et fermeté. Ce qui demande une bonne dose de confiance en soi (j’y reviens juste après).

Voici quelques petits exemples de réponses assertives :

  1. Dire non à une demande : « Je comprends que tu as besoin d’aide, mais je ne peux pas m’en charger cette fois-ci. J’ai déjà des engagements que je tiens à respecter. »
    💡 Quand tu dis non à une demande de quelqu’un, tu peux aussi proposer une solution alternative qui soit plus confortable pour toi. Par exemple proposer de reporter l’aide (quand c’est possible) ou le moment ensemble à un autre moment qui est mieux pour toi, ou de faire une autre activité.
  2. Exprimer un désaccord respectueux : « Je respecte ton point de vue, mais je vois les choses différemment. Pour moi, il est important de considérer cette option parce que... »
  3. Demander du temps pour réfléchir : « J’apprécie que tu me demandes de participer à ce projet. J’ai besoin de temps pour y réfléchir et vérifier mon emploi du temps avant de m’engager. »
  4. Expliquer un comportement ou une limite personnelle : « J’ai remarqué que je me sens épuisé après ces réunions tardives. À l’avenir, je préférerais les programmer plus tôt dans la journée pour pouvoir être plus productif. Est-ce que cela vous conviendrait ? »

La CNV donne des stratégies pour exprimer ses besoins et ses sentiments de manière claire et respectueuse, sans accuser l’autre.

Puis à chercher des solutions qui prennent au mieux soin des besoins de chacun.

Elle aide donc à prendre soin de soi (la majorité du processus de CNV est de l’auto-empathie), tout en nourrissant la relation.

image de deux femmes qui pratiquent la communication non violente

Pour aller plus loin, lire aussi : la Communication NonViolente ou CNV

💡 De manière générale penser en mode « solution » (piste d’amélioration : qu’est-ce qu’on peut améliorer ?) plutôt que « problème » (qu’est-ce qui ne va pas ?) est à la fois bénéfique pour soi, pour les relations et pour les situations. En effet c’est bon pour son estime personnelle, ça aide à formuler des critiques constructives et à trouver des solutions aux situations problématiques.

Le lâcher-prise est essentiel pour se libérer du stress et de l’anxiété liés à la mise en place de nouvelles limites. Des techniques de relaxation, telles que la méditation et la respiration profonde, peuvent t’aider à rester calme et centré. Apprends à te détacher de l’opinion des autres et concentre-toi sur ce qui est vraiment important pour toi.

Pour aller plus loin, lire aussi : comment se détacher des critiques ?

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La confiance en soi est une des 3 composantes de l’estime de soi. Améliorer l’estime de soi et donc aussi la confiance en soi est fondamental pour réussir à s’affirmer. Et par suite ne plus être trop gentil.

Voici quelques exemples de petits exercices pour développer ton estime personnelle :

  • Tenir un journal de gratitude pour reconnaître et apprécier tes réussites.
  • Fixer des objectifs réalisables et célébrer tes progrès (ce n’est pas être prétentieux que de rendre justice à tes justes mérites autant qu’à ceux des autres).
  • Te parler avec bienveillance, être patient et tolérant envers tout ce que tu ne fais pas aussi bien que tu aimerais dans l’idéal si tu étais parfait 😁.
image d'une femme qui se fait un auto calin

Définir tes propres valeurs et priorités est crucial pour te respecter et faire respecter tes limites. Prends conscience de tes droits, comme le droit de dire non, de changer d’avis, de prendre le temps de la réflexion avant de t’engager (pour plus d’intégrité) et de prendre du temps pour toi-même.

J’explique en détail ce qu’est l’estime de soi et comment la nourrir dans ma conférence en ligne « Comment faire de son hypersensibilité une force ?« .
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Devenir émotionnellement autonome signifie ne plus dépendre de la validation des autres pour se sentir bien. Tu trouveras dans l’article juste en dessous des outils pour apprendre à gérer tes émotions de manière saine. Et à trouver des sources de satisfaction en toi-même, plutôt que de chercher l’approbation extérieure.

Pour aller plus loin, lire les articles sur la gestion des émotions

  1. Identifier les situations problématiques : analyse les situations où tu as tendance à être trop gentil. Identifie les déclencheurs et les comportements spécifiques qui te posent problème. Cela te permettra de préparer des stratégies pour réagir différemment à l’avenir.
  2. Mettre en pratique les nouvelles compétences (méthode des petits pas) : commence par de petites étapes pour mettre en pratique tes nouvelles compétences. Par exemple, tu peux t’entraîner à dire non à de petites demandes avant de t’attaquer à des situations plus difficiles.
  3. Évaluer et ajuster : il est important de t’auto-évaluer régulièrement (avec bienveillance = dans un but d’amélioration et NON pour te flageller 😉) et de demander du feedback à des personnes de confiance. Ajuste tes techniques et stratégies en fonction des résultats obtenus et des retours que tu reçois. La persévérance et l’adaptabilité sont essentielles pour un changement durable.

Situation : Sophie, une employée de bureau, se rend compte qu’elle est souvent sollicitée par ses collègues pour des tâches supplémentaires, ce qui la laisse épuisée et stressée. Elle veut apprendre à fixer des limites et à dire non sans culpabiliser.

image d'une femme qui a trop de travail parce qu'elle ne sait pas dire non

Sophie remarque qu’elle a tendance à accepter toutes les demandes de ses collègues, même quand elle est débordée. Elle identifie plusieurs déclencheurs et comportements spécifiques :

  • Déclencheur : Lorsqu’un collègue lui demande de l’aide de manière urgente. Encore plus difficile de dire non si c’est en public.
  • Comportement : Sophie accepte immédiatement, sans évaluer sa propre charge de travail, parce qu’elle a peur de passer pour quelqu’un de non coopératif.
  • Problème : Elle finit souvent par travailler tard pour terminer ses propres tâches, ce qui l’épuise.

Sophie s’entraîne à dire non à des demandes simples et non urgentes. Par exemple, quand un collègue lui demande de faire une photocopie pour lui, elle répond : « Je suis désolée, mais je suis déjà engagée dans une tâche. Peut-être peux-tu demander à quelqu’un d’autre ? » ou « Je voudrais t’aider, mais je suis actuellement débordée. Je pourrai peut-être t’aider demain. »

Elle planifie ensuite des moments où elle peut dire non à des demandes plus complexes, comme refuser de prendre en charge un projet supplémentaire lorsqu’elle est déjà surchargée. Pour cela elle décide de prendre du recul avant de répondre à toute demande. Elle se donne le temps de vérifier son emploi du temps et d’évaluer sa capacité à accepter des tâches supplémentaires.

Progressivement, Sophie remarque qu’elle se sent moins stressée et plus en contrôle de son temps. Ses collègues commencent à comprendre qu’elle ne peut pas toujours répondre positivement à leurs demandes.

Sophie se fixe des moments réguliers pour évaluer ses progrès. Elle note dans un journal les situations où elle a réussi à dire non et celles où elle a eu des difficultés. Elle demande à une amie de confiance de l’observer et de lui donner un feedback constructif.

En s’observant, elle remarque qu’elle a encore du mal à dire non dans des situations très urgentes. Elle décide d’élaborer des phrases spécifiques pour ces situations, comme : « Je comprends que c’est urgent, mais je ne suis pas en mesure de t’aider maintenant. Peut-être que Pierre peut te donner un coup de main ? »

Elle adapte également son approche en fonction des retours de son amie. Par exemple, si son amie remarque qu’elle utilise souvent des excuses pour dire non, Sophie travaille sur des réponses plus directes et affirmées. Avec le temps, Sophie devient plus confiante dans ses capacités à fixer des limites et à dire non. Elle se sent plus respectée par ses collègues et remarque une amélioration significative de son bien-être général.

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Conclusion

En résumé, être trop gentil peut nuire à ton bien-être et à tes relations. En comprenant les causes de ta gentillesse excessive, en apprenant à fixer des limites, en renforçant ta confiance en toi et en prenant des actions concrètes, tu peux trouver un équilibre sain entre gentillesse et respect de toi-même. N’oublie pas que ce processus prend du temps et de la patience. Persévère et célèbre chaque petit progrès.

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« L’affirmation de soi » de Dominique Chalvin offre des outils pratiques pour diagnostiquer son niveau d’affirmation, comprendre ses propres mécanismes puis renforcer la confiance en soi, fixer des limites claires, améliorer la communication et mieux gérer les relations interpersonnelles.
C’est un livre facile d’accès qui se veut vraiment pratique avec plein d’exemples concrets pour enfin ne plus être trop gentil !

Lien du livre

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