Qui n’a jamais eu à faire un choix difficile ? Même pour des choses toutes simples du quotidien ? Pas toujours facile de prendre la « bonne décision » ! Pourtant avec quelques précautions et en utilisant les « bons leviers » nous pouvons augmenter la chance de prendre de bonnes décisions.

Un choix n’est jamais 100% conscient

Déjà première chose à savoir : « le registre conscient ne représente que la partie émergée des fonctions du cerveau » d’après Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes. Le cerveau aurait en fait plusieurs modes de fonctionnement automatiques qu’il nous serait difficile de maîtriser.

L’inconscient a donc systématiquement une influence sur le contrôle que nous pensons avoir sur nos choix. Et de manière générale sur notre vie.

Un exemple d’automatisme : les stéréotypes

Un exemple d’influence du subconscient : les stéréotypes. Nous faisons moins confiance à quelqu’un qui nous est différent, par son physique ou sa culture. C’est un mécanisme que notre cerveau a trouvé pour « nous protéger ».  Donc sans le savoir ni forcément le vouloir nous collons des étiquettes sur les gens.

Nous sommes tous touchés, même ceux qui pensent le contraire. Ce phénomène se manifeste d’ailleurs également de façon physiologique : la transpiration et les battements cardiaques d’un individu changent lorsqu’il est face à un interlocuteur très différent de lui.

Néanmoins savoir que nous possédons cet automatisme nous permet d’en atténuer les effets. Face à une personne très différente, je peux me souvenir que je risque d’être influencée par cet automatisme et tenter de compenser.

Se méfier des automatismes pour prendre de meilleures décisions

Ainsi de manière générale, nos décisions sont très souvent parasitées par les automatismes de notre cerveau. Ces automatismes sont aussi appelés biais cognitifs auxquels j’ai déjà consacré deux articles :

Lire aussi : les biais cognitifs, méfie-toi de ton cerveau – partie 1

Lire aussi : les biais cognitifs, méfie-toi de ton cerveau – partie 2

Prendre conscience de ces biais cognitifs, c’est ainsi prendre des décisions plus en conscience / avisées / réfléchies.

NB: ces automatismes ou accourcis de pensée ont néanmoins un intérêt : avec eux le cerveau cherche sans cesse à « gagner du temps et à préparer nos comportements ». Parfois c’est bien pratique, par exemples pour effectuer des gestes courants du quotidien. Dans ces cas-là nous n’avons pas besoin d’y penser, ce qui nous libère de la charge mentale pour penser à autre chose. Le même phénomène peut nous amener à prendre des décisions rapidement ou censées nous maintenir dans notre zone de confort. Ce qui peut être à notre avantage ou nous desservir.

Le rôle des émotions

Les émotions guident en grande partie nos décisions. Ainsi et tu le savais sûrement déjà, en jouant sur les émotions d’une personne, nous pouvons réellement influencer ses choix.

Avant d’agir nous évaluons la situation à venir : agréable / désagréable ? positive / négative ? Cette analyse se fait de façon inconsciente par une analyse de ce que nos sens captent de notre environnement. Les émotions sont nécessaires à la prise de décision : sans elles nous mettrions plus de temps à nous décider ou au contraire serions très impulsifs.

Sauf que c’est aussi ce qu’il se passe lorsque les émotions nous envahissent trop. Laisser donc une place aux émotions, mais pas « toute » la place. Histoire, entre autres, d’éviter de prendre trop vite (et de façon automatique) des décisions que l’on pourrait regretter ensuite car ne correspondant pas à ce que l’on veut réellement.

Tu as sûrement déjà entendu le conseil suivant « ne jamais prendre une décision sous le coup d’une émotion trop forte« 

Pour limiter l’impact de nos émotions sur nos décisions nous pouvons apprendre à écouter et accueillir nos émotions. Mieux les comprendre, NOUS comprendre, pour limiter les automatismes et mieux orienter nos choix.

Lire aussi :

Beaucoup d’hypersensibles disent avoir du mal à prendre des décisions et/ou être à fleur de peau et réagir au quart de tour. Or chez eux les émotions arrivent vite et fort. Elles prennent naturellement plus d’ampleur (montagnes russes émotionnelles) que chez la plupart des autres personnes. Apaiser leurs émotions leur est donc d’autant plus salutaire. D’ailleurs pas uniquement pour leurs prises de décisions 🙂

Encore et toujours, le « mindset »

De plus, les pensées aussi influencent les émotions. Donc travailler son état d’esprit est également une clé redoutable pour reprendre le contrôle de soi et de ses choix.

Ce travail sur les pensées passe notamment par un travail sur l’attention. Tout est question de où on oriente son attention (par suite ses pensées). Or garder une attention aussi « ouverte » que possible demande beaucoup d’énergie. Et lorsqu’on est fatigué, on est encore plus facilement influencé par les biais cognitifs et les émotions. D’où l’intérêt de se reposer avant de prendre une décision importante.

NB: as-tu remarqué comme lorsque tu es fatigué, de mauvaise humeur ou déprimé, ton champ attentionnel est rétréci ? (tu te concentres plus facilement sur un tout petit détail en oubliant tout le reste, tu as plus de mal à voir la « big picture »)

L’écriture

Ceux qui me connaissent un peu savent à quel point je suis une grande fan de l’écriture qui m’aide personnellement beaucoup à structurer ma pensée et évacuer pensées & émotions douloureuses. Mon journal intime est à la fois mon compagnon de route et ma bouée de sauvetage en cas de moment difficile. Il m’aide à prendre du recul, à relativiser. Il m’aide également pour….prendre des décisions !

« Écrire permet d’activer le cerveau rationnel. »

Philippe Damier

La fameuse liste du pour et contre (positif / négatif) reste également utile dans la majorité des situations.

L’intuition : l’écouter ou non pour prendre ses décisions ?

Très présente chez beaucoup d’hypersensible, l’intuition est-elle une aide ou un autre « parasite » à la prise de décision ? D’après le professeur Damier « L’intuition est certes intéressante à prendre en compte, mais n’est pas toujours fiable ».

L’intuition repose sur notre capacité (celle de notre cerveau) à détecter des informations de notre environnement de manière inconsciente. Or nous l’avons vu l’inconscient est le siège de nombreux biais cognitifs qui influencent nos actions (pas toujours de façon constructive) si l’on n’y prend pas garde. Il convient donc, en ce qui concerne l’inconscient, de conserver une certaine forme de prudence.

Néanmoins l’intuition peut être pertinente dans un domaine où nous avons beaucoup d’expérience.

Par exemple un éleveur qui a beaucoup d’expérience et sent que son animal ne va pas bien a probablement raison. Il a probablement décelé des indices dans le comportement de l’animal et dans son état de santé. Avec le temps il a appris à détecter et interpréter correctement les petits signaux émis par ses animaux.

Et c’est son inconscient qui s’en charge de façon rapide et automatique. Lui permettant dans beaucoup de situations de gagner du temps. Et de prendre des décisions plus rapidement. Par contre son intuition risquerait de le tromper dans un domaine où il ne s’y connaît pas suffisamment.

L’intuition n’a rien d’ « extraordinaire »

Finalement comme dirait le professeur Damier :

« l’intuition n’a rien de paranormal : si des gens ont plus d’intuition que d’autres, c’est peut-être que leur cerveau a une plus grande sensibilité à détecter les émotions d’autrui et les informations minimes issues de son l’environnement »

Ce qui expliquerait pourquoi les personnes très sensibles auraient souvent plus d’intuition que la moyenne. Grâce à leur tendance à remarquer tous les détails de leur environnement, même le plus petit.

Mais encore une fois c’est d’autant plus valable que l’expérience dans le domaine en question est suffisante pour que le cerveau ait pu emmagasiner une sorte de catalogue de données « fiables ». Car repérer des signaux dans un domaine qui ne nous est pas assez familier risque de ne pas franchement nous aider. Ou carrément de nous induire en erreur si notre inconscient interprète en lien avec un autre domaine que nous connaissons mieux (mais qui n’a rien – ou pas assez – à voir).

Sensiblement ❤️

Lauren

PS: Si tu as la moindre question n’hésite pas à me contacter ICI..

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