Nous en entendons de plus en plus parler : le haut potentiel sort de l’ombre, soutenu par le développement des neurosciences. Et la pression des personnes concernées qui veulent être entendues et reconnues pour qui elles sont. Les livres qui en décrivent les caractéristiques les plus fréquentes sont de plus en plus présents dans rayons développement personnel des librairies. Ils permettent aux personnes à haut potentiel de mieux se comprendre et s’accepter.

Malheureusement beaucoup d’entre elles ont des difficultés d’estime d’elles-mêmes et de relations sociales et affectives. Qui peuvent, tout comme dans le cas des hypersensibles, être confondues à tort avec le haut potentiel.

Mais alors comment définir le haut potentiel intellectuel (HPI) et quelles sont les précautions à prendre sur ce sujet ?

Haut potentiel :  définition et précautions

La définition du haut potentiel (ou HPI ou surdoué) n’est pas systématiquement la même selon les théories psychologiques de l’intelligence. Ceci dit, un score supérieur ou égal à 130 à un test de QI est en général retenu comme indice fiable. Ces personnes ayant un QI supérieur ou égal à 130 représentent 2% de la population.

Il est à noter que les test de QI sont souvent fortement critiqués car fournissent une mesure trop étroite de l’intelligence. En effet ces tests n’évaluent pas l’ensemble des capacités intellectuelles. Ils mettent essentiellement à l’honneur les capacités de l’hémisphère gauche (langage, logique, abstraction, calcul, mémoire de travail). Mais ils n’évaluent pas, par exemple, l’intelligence pratique en situation, l’intelligence sociale et relationnelle, ou la créativité.  D’ailleurs ils ne suffisent pas à classer un individu dans une catégorie s’ils ne sont pas accompagnés d’un bilan psychologique complet effectué par un professionnel.

Au début on ne parlait que d’enfants surdoué. Aujourd’hui on parle aussi d’adultes surdoués. Il est intéressant de noter que la définition d’une personne surdouée varie entre les spécialistes.

Un potentiel exceptionnel n’amène pas forcément à des réalisations exceptionnelles, et il n’empêche pas les difficultés, parfois même l’échec scolaire, professionnel ou social. C’est pourquoi les américains utilisent le terme « underachiever » pour désigner cette catégorie de personnes. Les Québécois l’ont traduit par « sous-réalisateur ».  

À noter que l’appellation « Haut potentiel intellectuel » est principalement utilisée les milieux du développement personnel. Mais pas par les scientifiques qui étudient les capacités intellectuelles.  Les psychiatres et psychologues utilisent quant à eux le terme « haut potentiel » pour caractériser les individus ayant un syndrome induisant un handicap social mais qui arrivent à « fonctionner » dans la société en général. Cependant on ne l’utilise jamais dans les publications scientifiques pour catégoriser l’intelligence.

Etudes en neurologie et neurobiologie

Des recherches menées à Lille ont montré que le traitement de l’information, chez les jeunes surdoués, serait plus rapide. Leur mémoire de travail serait également plus efficace, car capable de retenir plus d’informations et ce plus longtemps.

Des chercheurs de Montréal et de Washington ont effectué des études sur 300 enfants et adolescents. D’après leurs observations le cerveau des jeunes surdoués ne serait pas se distinguerait pas par un volume plus important mais plutôt par « un schéma de croissance particulier » et « un cortex plus agile et plus actif ».

Un enfant surdoué possède également plus de neurones en moyenne qu’un enfant normal. Notamment dans certaines zones comme le cortex préfrontal, partie « pensante » du cerveau. C’est d’ailleurs aussi le cas chez l’enfant dyslexique et autiste sans retard de langage.

L’université de Melbourne a sorti une étude suggérant qu’une source du haut potentiel intellectuel pourrait être une meilleure communication et un meilleur équilibre entre les deux hémisphères du cerveau. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les personnes surdouées ont tendance à être ambidextres.

Visiblement la « grande intelligence » ne serait pas héritée génétiquement. Pourtant cette caractéristique se retrouverait au sein des familles. Il y aurait donc un facteur épigénétique. Autrement dit une hérédité qui se manifesterait non pas dans les gènes eux-mêmes, mais dans la façon dont ils s’expriment. Ces modalités d’expression des gènes s’adapteraient à l’environnement. Les parents transmettant l’adaptation à leurs enfants. Le phénomène est toutefois réversible puisqu’il s’agit d’une adaptation et non d’une évolution génétique.

3 caractéristiques de l’enfant HPI et lien avec l’hypersensibilité

Ces caractéristiques se retrouvent également chez les adultes HPI.

  1. Des perceptions sensorielles augmentées (audition, goût, odorat, toucher, vision). L’enfant entend plus de choses, les sons se superposent. Il distingue également plus de détails car il analyse son environnement avec une précision plus importante. Il est aussi très sensible au toucher et peut avoir du mal à supporter certains contacts qui lui semblent intrusifs.
  2. Des capacités mémorielles importantes : l’enfant HPI retient les informations même s’il ne les comprend pas immédiatement. Il est capable de les réutiliser plus tard, lorsque le contexte lui permet de comprendre leur utilité.
  3. Une hypersensibilité émotionnelle : l’enfant HPI fait preuve d’une grande réactivité émotionnelle. Il a notamment une sensibilité exacerbée au climat relationnel ambiant et aux émotions des personnes avec qui il est en contact (forte empathie).

Le cerveau de l’enfant HPI a donc beaucoup d’informations à traiter : sensorielles, de mémoire et émotionnelles.

Deux des trois caractéristiques sont donc en commun avec l’hypersensibilité (la 1 et la 3). Il est d’ailleurs à noter que seulement 2% de la population serait HPI contre 20% environ pour les hypersensibles. Un HPI est donc généralement aussi hypersensible par contre l’inverse est faux. Un hypersensible n’est pas forcément HPI.

À savoir que ce qui fait souffrir, ce n’est pas d’être HPI ou hypersensible !
Mais bien d’avoir une mauvaise estime de soi….

Bonne nouvelle ! Avec un peu de volonté et d’effort on peut tout à fait travailler régulièrement à nourrir son estime de soi pour ne plus autant souffrir au quotidien. Si tu souhaites savoir concrètement comment t’y prendre et être accompagné(e) dans le processus, rdv dans le programme Eclosion 🙂 .

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